null Santurtzi, une ville tournee vers la mer


Depuis le sommet du mont Serantes et jusqu’aux eaux du port de pêche, à Santurtzi tous les chemins mènent à la mer.

Grâce à sa situation privilégiée sur la baie de l 'Abra, Santurtzi a toujours été l'entrée de la Ría de Bilbao, qu'elle défendait depuis les forts du mont Serantes. Aujourd'hui, elle abrite le port de Bilbao, moteur de l'économie de Bizkaia et l'un des plus importants de l'Arc Atlantique.

Mais l'essence de Santurtzi réside dans sa tradition maritime, qu'elle préserve avec soin et qui est encore vivante aujourd'hui dans le port de pêche, dans la Confrérie des Pêcheurs, dans ses chansons, dans ses bâtiments, monuments et promenades, dans l'histoire des sardinières et de la sardine, le casse-croûte de la ville par excellence.

La vie à Santurtzi est traditionnellement liée à la mer, et le port de pêche a été, et continue d'être, l'épicentre de la ville. Marins, corsaires, marchands, contrebandiers, pêcheurs, commerçants, aventuriers, équipages des chalutiers, les pilotes qui aidaient les navires à surmonter les obstacles naturels de la Ría de Bilbao et, bien sûr les célèbres sardinières, tous et toutes sont passés par ses quais.

Comme le dit la chanson omniprésente "De Santurtzi à Bilbao", ces femmes descendaient au port lorsque les bateaux arrivaient avec la pêche du jour et, chargées de leurs paniers, elles vendaient leur marchandise dans les rues des villages voisins, annonçant leur présence par des cris. Le Monument à la Sardinière, œuvre de J. Lucarini de Bilbao et situé dans l'Avenida Iparragirre, rend hommage au dur labeur de ces femmes qui, chaque jour, parcouraient des kilomètres et des kilomètres dans les rues des villes et villages voisins, " la jupe retroussée et montrant leurs mollets ", portant sur leurs épaules des paniers dans lesquels elles transportaient jusqu'à 20 kilos de poisson, contribuant ainsi au bienêtre de leurs familles.

Outre les bateaux de pêche qui sont encore en mer aujourd'hui, on peut voir dans les eaux du port actuel de petites embarcations de pêcheurs amateurs, des bateaux de plaisance et des bateaux qui organisent des sorties en mer pour observer les baleines, découvrir l'Abra et ses falaises, pratiquer la pêche sportive, apprendre à piloter un voilier ou faire des visites touristiques sur les eaux de la Ría.

On y trouve également des vestiges de l'activité industrielle qui s'est développée à cet endroit, comme une grue manuelle, et une représentation de la Vierge du Carmen, patronne de la ville et des pêcheurs, dont la fête est célébrée en grandes pompes tous les 16 juillet. Les pêcheurs se rendent à l'église de San Jorge pour porter sa statue jusqu'au port, faisant une partie du trajet en barque, et une offrande florale à la mémoire des pêcheurs décédés.

La Confrérie des Pêcheurs voisine, restaurée en 2011, abrite le marché aux poissons, où se déroule le rituel des enchères des meilleures pièces de la pêche du jour et de la négociation de leur prix. La Confrérie abrite également le centre d'interprétation Santurtzi Itsaso Museoa, un lieu où l'on peut découvrir le lien entre Santurtzi et la mer de manière éducative et divertissante. Une partie de l'histoire des flottes qui ont quitté Santurtzi pour aller dans les zones de pêche voisines est représentée par le Bateau de pêche Agurtza, l'un des derniers bateaux de pêche côtière construits en bois, aujourd'hui converti en bateau-musée et en centre d'interprétation de la pêche où vous pourrez apprendre comment le thon était pêché et conservé, ainsi que les conditions de vie à bord pour les arrantzales - les pêcheurs -.

À côté du port, sur des terrains gagnés sur la mer, le Parc de Santurtzi, avec ses espèces d'arbres exotiques, ses promenades et ses sculptures, son beau kiosque à musique aux mosaïques polychromes, est le centre de la vie sociale de la ville. À côté se trouve l'église de San Jorge, le saint patron de la ville, dont l'existence est attestée depuis 1075 ; l'Hôtel de Ville de style éclectique ; le Palais Casa Torre, un bel édifice baroque du XVIIIe siècle ; et une zone commerciale et hôtelière animée où vous pourrez déguster l'un des plats emblématiques de Santurtzi, ses délicieuses sardines grillées, toujours accompagnées de vin Txakoli, ou des pintxos, petites portions de plaisir gastronomique.

À quelques pas de là, en direction de Portugalete, le Palais d’Oriol, construit en 1902 par Severino de Achucarro, auteur de plusieurs des bâtiments les plus remarquables de l'Ensanche de Bilbao à cette époque, est le principal représentant à Santurtzi des spectaculaires demeures construites pour loger les classes aisées qui sont apparues pendant la période de splendeur économique et commerciale que la ville a connue à la fin du XIXe siècle.

Les entreprises installées pour l'extraction intensive du fer dans les mines des montagnes voisines et l'industrialisation de la rive gauche de la Ría qui s'ensuivit entraînèrent l'émergence d'une nouvelle bourgeoisie, ainsi que des visiteurs qui venaient dans la ville pour "prendre les eaux" dans la mer Cantabrique, en séjournant dans ce petit palais de trois étages et auquel on accède depuis les jardins qui l’entourent grâce à un escalier monumental. Il est actuellement occupé par un hôtel qui offre à ses hôtes et visiteurs, comme par le passé, des vues spectaculaires sur le front de mer de Getxo et l'Abra qui s'ouvre sur le Cantabrique d'un côté et, de l'autre, sur le Pont de Bizkaia qui encadre la Ría vers Bilbao.

Le mont Serantes

Avec ses 451 mètres d'altitude, le mont Serantes est le point de vue idéal pour contempler la baie de l'Abra et la Ría du Nervión qui se dirige vers Bilbao. À tel point que, depuis l'Antiquité, c'est le site choisi pour surveiller les allées et venues des navires qui passaient dans la région et pour défendre toute la ville contre les attaques des pirates et des ennemis.

Aujourd'hui, est encore conservé Le Torreón, achevé en 1881 et récemment restauré, d'où l'on peut contempler une vue impressionnante sur les deux rives de la Ría, une grande partie de la côte de Bizkaia et les montagnes sonnantes Oiz et Sollube. Un an plus tard, en 1882, on construisit El Fuerte, un bastion dans lequel on installa des batteries de canons pour défendre la côte et qui fait partie du système de fortifications érigé à l'époque.

Une bonne occasion pour connaître l'environnement naturel du Serantes et profiter des vues à couper le souffle qu'il offre est de participer aux visites guidées pour connaître son histoire, ou de monter à son sommet lors du traditionnel pèlerinage des Cornites, qui a lieu chaque lundi de Pâques depuis le XIXe siècle et au cours duquel les habitants de la ville y montent pour profiter d'une journée en plein air. Pour les personnes plus actives, le Serantes fait partie du Circuit de Marche Nordique de Santurtzi, 38 kilomètres de sentiers parfaitement balisés sur les pentes de la montagne et adaptés pour tous les niveaux.